mardi 20 mars 2012

Le Bio, c'est quoi ?

Bienvenue sur la planète bio. Entre effet de mode, effet marketing des grands magasins et réels besoins sanitaires, il est dur de répondre à cette question.

Le bio c’est d’abord un ensemble de règle. D’un point de vue législatif, plusieurs réglementations s’appliquent : il y a le codex alimentarius et le règlement européen n° 834/2007.

Il faut savoir que le codex est le résultat d’un programme commun entre les Nations Unies et l’Organisation Mondiale pour la Santé (O.M.S.) mis en place en 1963. De nombreuses controverses existent à son sujet, mais laissons les de côté pour l’instant, car là n’est pas l’objet de cet article. Le codex alimentarius est un recueil de normes, de codes d'usages, de directives et autres recommandations relatif à la production et à la transformation agro-alimentaires qui ont pour objet soit la sécurité sanitaire des aliments, soit la protection des consommateurs et des travailleurs des filières alimentaires, et la préservation de l'environnement.


En Europe, et par conséquent en France, l’agriculture biologique est régie par le Règlement européen (CE) N°834/2007 et ses règlements d’application (CE) N°889/2008 et (CE) N°1235/2008.

Le cadre établi par ce règlement s’applique aux :

- produits agricoles (y compris les produits de l'aquaculture) non transformés ou transformés et destinés à l’alimentation humaine;
- les aliments pour animaux;
- le matériel de reproduction végétative et les semences utilisés aux fins de culture;
- les levures pour l’alimentation humaine ou animale.

Dans son premier considérant, le règlement dispose que « La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l'application de normes élevées en matière de bien-être animal et une méthode de production respectant la préférence de certains consommateurs à l'égard de produits obtenus grâce à des substances et à des procédés naturels. »

A la lecture de ce règlement, il apparaît que l’accent est mis sur la méthode de production plutôt que le produit biologique lui même.
Le produit bio est donc un résultat d’un moyen de production. Le produit biologique est considéré comme un ensemble : il est le résultat d’une production biologique et de la transformation de denrées alimentaires biologiques. La réglementation légifère donc sur le processus, pas sur le produit fini lui même.

De ce fait, l'appellation de produit biologique couvre l'ensemble de la filière, depuis la production des matières premières, en passant par chacune des étapes de la préparation, de la transformation, du stockage, du conditionnement, et enfin du transport.

Pour ensuite être commercialisé, tout produit « issu de l'agriculture biologique » doit subir le contrôle et obtenir la certification d'un organisme agréé sur le territoire français. Actuellement, un très petit nombre d'organismes privés sont agréés officiellement pour réaliser ces contrôles (ECO-CERT, Qualité France, SOCOTEC)

Une fois sur le marché, ces produits sont faciles à identifier : sur l'étiquetage doit obligatoirement figurer le logo « AB » et la mention « Agriculture biologique - système de contrôle CEE » avec le nom de l'organisme certificateur, aucun autre logo ou mention dans la dénomination de vente des produits n'ayant de statut officiel. Le ministère de l'Agriculture délivre ce certificat aux seuls produits qui respectent ledit cahier des charges et contiennent au minimum 95% d'ingrédients issus de l'agriculture biologique.


Attention : exception(s) à la règle

Les articles 19 et 21 du règlement CE N°834/2007 prévoient certaines situations où un produit qui n’est pas issu de la filière biologique peut être ajouté à la composition des denrées alimentaires transformées. Tout ou une partie de ces articles sont reproduit ici afin que vous vous fassiez vous même une idée :

Article 19
« 2. Les conditions suivantes s'appliquent à la composition des denrées alimentaires biologiques
transformées: (…)b) seuls les additifs, les auxiliaires technologiques, les arômes, l'eau, le sel, les préparations de micro-organismes et d'enzymes, les minéraux, les oligo-éléments, les vitamines, ainsi que les acides aminés et les autres micronutriments destinés à une utilisation nutritionnelle
particulière peuvent être utilisés dans les denrées alimentaires, à condition d'avoir fait l'objet
d'une autorisation d'utilisation dans la production biologique conformément à l'article 21; c) les ingrédients agricoles non biologiques ne peuvent être utilisés que s'ils ont fait l'objet
d'une autorisation d'utilisation dans la production biologique conformément à l'article 21 ou
s'ils ont été provisoirement autorisés par un État membre; »

Article 21
Critères d'utilisation de certains produits et substances dans la transformation
1. L'autorisation des produits et substances destinés à la production biologique et leur inclusion dans
une liste restreinte de produits et de substances visés à l'article 19, paragraphe 2, points b) et c), est
soumise aux objectifs et principes énoncés au titre II ainsi qu'aux critères suivants, qui sont évalués
dans leur ensemble:
i) il n'existe pas d'autres solutions autorisées conformément au présent chapitre;
ii) il serait impossible, sans y recourir, de produire ou de conserver les denrées alimentaires ou
de respecter des propriétés diététiques prévues en vertu de la législation communautaire.
En outre, les produits et substances visés à l'article 19, paragraphe 2, point b), existent à l'état
naturel et ne peuvent avoir subi que des processus mécaniques, physiques, biologiques,
enzymatiques ou microbiens, sauf si des produits et substances provenant de telles sources
ne sont pas disponibles en quantité ou en qualité suffisante sur le marché.




Bien sur, ces dispositions ne concernent que les produits transformés … mais même les produits certifiés biologiques peuvent eux aussi contenir des substances chimiques. La meilleure façon d’éviter cela est le respect d’un règle simple : CUISINER soi même ses repas, et ce à partir d’ingrédients les plus simples possibles.

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